Que faire avec toutes ces émotions qui nous traversent ces jours-ci ?

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La Belgique est en deuil… Nous sommes tous et CHACUN en deuil, touchés de près ou de loin par la barbarie humaine. Nous nous sentons tous concernés par ce qui s’est passé ce mardi car nous avons tous été, par la force des images, confrontés à la mort, à l’horreur, à la peur.

Ce que nous avons vécu ces derniers jours est très prenant et nous sommes submergés par beaucoup d’émotions fort négatives: peur, effroi, colère, tristesse, angoisse, incompréhension, insécurité, sentiment d’impuissance, dégoût, révolte, etc.

Chacun va réagir à sa manière face à cet afflux d’émotions.

Les émotions sont bonnes en soi ! Elles sont des phénomènes psychologiques naturels qu’on ne choisit pas spécialement mais qui interviennent de façon spontanée afin de nous indiquer quelque chose. Elles sont nécessaires au bon fonctionnement psychique de l’individu.

Elles ont plusieurs « fonctions » :

D’abord, de nous faire savoir ce que nous aimons (et n’aimons pas) dans la vie. Sans émotion, pour quoi ou pour qui vivrions-nous ? Sans elles, nos échanges seraient moins nourrissants et nos relations beaucoup moins belles. Elles nous permettent donc de nous exprimer et d’apprécier la vie.

Ce sont également les émotions qui nous permettent de passer à l’action, de nous adapter. Elles guident notre comportement et sont un moteur puissant pour l’être humain. Par exemple, l’amour va nous permettre de choisir un ou une partenaire plutôt qu’un autre, la peur va nous aider à fuir une situation, ou le découragement va nous amener à prendre des décisions que nous n’aurions peut-être pas prises autrement.

Les émotions ont le rôle de maintenir un équilibre entre le corps, l’esprit et l’âme. Même quand elles sont « négatives », elles ont une intention positive car elles vont nous permettre de nous informer afin de pouvoir réagir, éventuellement, face à un danger ou face à une douleur physique et/ou morale. L’idéal est donc de pouvoir «dialoguer» avec elles pour les comprendre et adapter notre comportement en conséquence.

Or, l’être humain a tendance à réprimer ce vécu émotionnel, surtout quand il est désagréable… Il a souvent tendance à l’occulter pour diverses raisons (éducation, croyances philosophiques ou religieuses, etc.). Le fait de le cacher, de le nier et de le refouler (ce sont des mécanismes de défense !) ne les supprime pas, bien au contraire.

Les émotions agissent comme des «fusibles» : si nous ne les écoutons pas quand elles deviennent trop fortes voire insupportables, le cerveau risque d’utiliser le corps pour exprimer son stress. C’est ainsi que peuvent apparaître des malaises, des maladies, des burn out, des stress post-traumatiques, etc.

Face à nos propres émotions et à celles de notre entourage (je pense spécialement à nos enfants), il y a donc 3 étapes :

  1. Simplement pouvoir accueillir ce qui se passe en nous, notre propre réaction face à l’horreur, nos propres émotions. Mais aussi pourvoir accueillir les réactions de notre entourage en faisant preuve de compréhension, de tolérance mutuelle car certaines réactions sont sans doute très différentes des nôtres : ce n’est pas parce que notre conjoint n’est pas devant sa télé du matin au soir, qu’il n’est pas touché par tout ce qui se passe…
  2. Ensuite il faut mettre des mots sur ces émotions. Leur donner la parole, les écouter et leur laisser prendre leur place. Les parents peuvent aider leurs enfants dans ce travail mais sans jamais forcer, bien sûr ! Cet exercice peut être très difficile pour certaines personnes car parfois on ne connaît pas bien ce vécu émotionnel qu’on n’a pas toujours bien appris à écouter et entendre.
  3. Au bout d’un moment, il faut se demander : et maintenant, qu’est ce que je fais avec toutes ces émotions ? Je me laisse submerger ou je choisis d’en faire quelque chose ?

Voici quelques petits trucs pour s’aider et/ou aider les autres  dans ce travail :

  • A un moment, il faut pouvoir dire STOP et arrêter de suivre en permanence les informations à la radio ou à la télévision ou lire des comptes rendus du désastre car cela contribue à maintenir l’anxiété à son comble, ce qui n’est plus utile.
  • Prendre soin de soi, de ses proches, et de ceux qu’on aime. Cela permet de maintenir l’espoir et de travailler au lien social, malgré la difficulté de la réalité.
  • Se concentrer sur les actes positifs en pensant au courage et à l’engagement des secours, de la police, des médecins, etc. ainsi qu’à tous les élans de solidarité et de soutien venant parfois du monde entier.
  • Prendre l’air, faire du sport, se balader dans la nature pour y puiser de l’énergie positive ou faire des choses que l’on aime, sans oublier de sourire car cela fait du bien.
  • Utiliser des techniques de relaxation.
  • Accepter l’aide des autres si vous ne parvenez plus à prendre le dessus et si vous avez besoin d’aide pour exprimer ce que vous ressentez. Il se peut que tout cela ravive des blessures enfuies depuis longtemps et un professionnel de la psychologie pourra vous aider à dégager tout cela.

Comment peut-on aborder le sujet avec les enfants :

  • Eviter un maximum les images traumatisantes ! il convient pour cela d’être sélectif dans les informations en ayant, éventuellement, vu les images avant de les leur montrer. Préférer des journaux adaptés aux enfants.
  • Il faut partir de ce que l’enfant sait déjà ; mais aussi de ce qu’il a entendu ou vu. Questionner cela, lui demander son avis, reformuler ses propos. Ne pas donner trop d’informations supplémentaires car cela ne pourrait que causer de plus grandes peurs. Il ne sert à rien non plus d’enjoliver la situation ou de la minimiser, bien sûr.
  • Dans cette mesure, il faut être disponible pour répondre à leurs questions, sans leur mentir mais tout en les rassurant : de tels événements peuvent se reproduire mais notre pays dispose aussi d’importantes forces de police, de justice, de secours. On peut aussi leur parler de nous, de nos propres émotions, de notre ressenti, avec authenticité.
  • L’écouter et laisser parler ses émotions, sans le forcer. Peut-être que ce sera plus facile pour l’enfant de passer par le biais du dessin, des bricolages, de jeux avec d’autres enfants et il faut d’accepter cela.
  • Adapter sa façon de parler à l’âge de votre enfant ; utiliser des mots qu’il comprend. Il est important d’avoir un discours très clair.
  • Aider l’enfant à dire ce qu’il a dans le cœur et dans sa tête. L’aider à évoquer des images qu’il peut avoir. Il faut peut-être aussi le rassurer en lui disant qu’il n’est en rien responsable de ce qui s’est passé car l’enfant n’a pas la même capacité de compréhension du réel que nous.
  • Dans ces circonstances, l’enfant a besoin de plus de tendresse, et qu’on lui manifeste des sentiments d’affection et d’amour. C’est d’ailleurs le cas pour l’adulte également !

Face à l’horreur, l’homme a la capacité d’apprendre à mieux se connaître et à mieux connaître son entourage. Ces drames peuvent donner naissance à un temps de créativité et faire émerger de nouvelles ressources en chacun de nous. Cela peut changer nos vies de manière positive car cela peut nous aider à vivre plus proche de nos valeurs, de ce que nous voulons pour notre vie et pour demain.

Lydia Dessain

Conseillère conjugale et familiale et Thérapeute systémicienne. Je reçois à Court-St-Etienne (Brabant Wallon), Namur et Bruxelles

0496/21.21.30

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